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La Tapisserie

 

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LA TAPISSERIE

Le retour de la tapisserie
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Bien que les provinces de l'actuelle Belgique aient joué, pendant des siècles, un rôle majeur dans son histoire, l'art de la tapisserie est aujourd'hui mis à la retraite dans la mémoire culturelle, profondément méconnu du grand public tant sur le plan purement esthétique que sur le plan technique.

Le mot tapisserie évoque les décors des vastes salles des demeures féodales, décors dont les témoins sont toujours présents dans le patrimoine artistique de palais, de châteaux, de sanctuaires, d'édifices publics et, bien sûr, de musées, dépositaires privilégiés de ces spectaculaires reliques d'un passé florissant.
L'art de la tapisserie a, en effet, conquis l'Europe à partir du XVème siècle et, jusqu'au XVIIIème siècle, la production des ateliers répartis sur le territoire de notre pays, fut importante et très appréciée.

L'éclat de ces grandes heures de la tapisserie nous éblouit trop souvent au point d'estomper le présent. 
Si elle a connu une éclipse de plus d'une centaine d'années au XIXème siècle et au début du XXème siècle, la tapisserie belge connaît, depuis les années 40, un véritable renouveau. Maints artistes se sont préoccupés de la relance de cet art et leurs recherches techniques et esthétiques ont permis de retrouver l'écriture spécifiquement murale de la tapisserie, à l'image de ce qu'elle était au Moyen Age, mais revue dans son esthétique et sa technique par une conception contemporaine répondant notamment aux développements muraux de l'architecture actuelle.
La relance de la tapisserie a ainsi mené à l'éclosion d'une grande diversité dans la création textile; les artistes, tout en maintenant la rigueur des techniques du passé, tirent de la laine et des matières nouvelles qu'ils introduisent dans leurs oeuvres, des sonorités actuelles.
L'existence de ces créations nouvelles n'est cependant connue que d'un nombre restreint d'amateurs.


La technique de la tapisserie.


On a tendance à user du même mot tapisserie pour désigner des réalisations artisanales ou artistiques très diverses sur le plan technique: tissage, canevas ou tapisserie à proprement parler qu'il convient d'appeler tapisserie de lice pour des raisons techniques précisées plus loin. Une confusion totale règne ainsi dans les esprits, nuisant profondément à la reconnaissance, par le public, des véritables réalisations artistiques et des véritables artistes.

Nous ne parlerons pas ici de ces prétendues tapisseries en vente dans les boutiques de lieux touristiques: reproductions mécaniques de tapisseries anciennes qui sont à la tapisserie ce que les reproductions photographiques sur posters sont à la peinture mais que les acheteurs naïfs prennent encore souvent pour de véritables tapisseries.

La tapisserie traditionnelle se distingue du tissage par le fait que la chaîne (fils de base du travail) et la trame (entrelacée dans les fils de chaîne) n'y ont pas une importance égale quant au résultat final: dans la tapisserie de lice, la trame recouvre totalement la chaîne pour engendrer une sorte de "peinture" où les laines de diverses couleurs jouent sous les doigts du licier le rôle des couleurs sous les pinceaux du peintre. 

               

En outre, alors que le tisserand sépare en une seule opération, grâce à un système de pédales, les nappes de fils de toute la chaîne pour passer la trame sur toute la largeur du tissu, le licier quant à lui sépare les fils un à un. C'est la lice qui permet de séparer un fil sur deux de ses voisins. On connaît des tapisseries de basse lice faites sur métier horizontal et des tapisserie de haute lice réalisées sur métier vertical.



Le canevas ou tapisserie à l'aiguille est un travail qui s'apparente à la broderie. L'ouvrage s'y fait à points serrés de manière à couvrir régulièrement et entièrement toute la surface d'une toile formant canevas. Le fait qu'on utilise l'expression point de Gobelin pour désigner des points lancés verticaux ou obliques sur canevas n'a fait qu'ajouter à la confusion de cette dernière technique avec la tapisserie de lice. C'est que la manufacture française des Gobelins (toujours en activité aujourd'hui) a hautement contribué, depuis le XVIIIème siècle, à la renommée mondiale de la tapisserie en réalisant de vraies tapisseries de lice au point que dans certains pays on désigne celle-ci par le mot français gobelin. 

On comprend ainsi plus facilement la confusion qui règne auprès d'un public non averti.


Françoise Devroede licier créateur.


La tapisserie de haute lice connaît un nouvel essor en Belgique depuis un demi-siècle. Cette rénovation s'est faite sous l'impulsion de Dubrunfaut, Somville et Deltour.
Aujourd'hui, des peintres-cartonniers dessinent des oeuvres que réalisent des artisans-liciers. A côté d'eux, il existe des liciers-créateurs qui imaginent et réalisent eux-mêmes leurs projets afin de traduire de manière plus fine leur propre sensibilité en s'assurant une plus grande liberté d'écriture.


Françoise Devroede fait partie de ces liciers-créateurs de la nouvelle génération. Elève de Marce Truyens, Professeur à l'Académie des Beaux-Arts de Bruxelles, elle est membre de l'association du
"Domaine de la Lice" qui regroupe une trentaine d'artistes dont le but est d'assurer, dans notre pays, la permanence de la lice.
Pour elle, "la tapisserie est une passion. Un coup de foudre pour un rythme de lignes courbes impose la création artistique qui transcende la réalité objective en la chargeant de magique.
Le rythme de travail qu'impose cet art permet la méditation, procure l'inestimable privilège de vivre en dehors du temps et, par là, de se libérer des contingences pour se découvrir, trouver l'équilibre et la sérénité puis finalement transmettre à autrui cette harmonie à travers le jeu des formes et des couleurs."




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